CAPSULE 16 : La variété vocale

Un ensemble de conseils et d'astuces

CAPSULE 16 : La variété vocale

On dit que la voix humaine est le plus beau des instruments de musique. Celui qui a dit ça ne m’a manifestement jamais entendu chanter! Heureusement chez Toastmasters, on ne recrute pas de nouveaux membres avec une chanson, mais plutôt avec un programme de formation qui a fait ses preuves. Sachez que lorsque vient le temps de prendre la parole en public, la qualité et la variété de la voix d’un orateur influent grandement l’impact et l’attrait de ce dernier auprès de son auditoire. Qui parmi vous se souvient d’Henry Bergeron, l’animateur de la défunte émission Les Beaux dimanches? Non seulement avait-il une très belle voix, mais en plus, il en avait une maîtrise parfaite. Il n’avait qu’à dire « Ce soir aux beaux dimanches… » pour que ma grand-mère arrête de respirer. Personnellement, c’était plutôt la douce voix de Myra Cree, l’animatrice de la chaîne culturelle de Radio-Canada (maintenant Espace Musique) qui me chatouillait agréablement le tympan pendant ma jeunesse. Même si les deux nous quittés, l’écho de leur voix résonne encore dans nos mémoires.

Que votre voix soit limpide, caverneuse, nasillarde, cristalline, d’outre-tombe ou encore tonitruante, cela importe peu. Ce qui importe c’est que chacun peut exercer sa voix pour développer certaines habiletés vocales qui feront de lui un meilleur orateur. Le projet numéro 6 vous permettra justement d’explorer vos capacités vocales et de mettre en valeur votre voix de rossignol. Afin de pouvoir dire haut et fort que vous avez réussi ce projet, vous devez vous assurer de remplir les trois objectifs suivants :

Objectif 1 : Varier le volume, le ton, le débit et la qualité de votre voix pour mieux exprimer votre message, lui donner du sens et en accroître l’intérêt.

En communication, on dit souvent que le médium est le message. Ainsi, notre voix est le médium. Un volume, un ton et un débit appropriés constituent autant notre message à transmettre que les mots qui sortent de notre bouche.

Pour réussir ce projet, il faut d’abord, s’assurer de choisir un sujet de discours qui favorise une variété d’expressions au niveau de la voix. Un exposé informatif rempli de statistiques et de données complexes ne favorise pas tellement l’étalage d’un grand éventail de variations vocales. Pourtant, s’il existe un type de discours où il est nécessaire pour l’orateur de varier le ton et le débit de sa voix c’est bien celui-ci. Les orateurs qui sont capables de le faire sans endormir leur public réalisent un véritable tour de force. Je vous suggère plutôt de vous faciliter la tâche en choisissant un type de discours où le récit prendra beaucoup de place. En racontant une anecdote, une expérience vécue, un voyage, etc., nous nous investissons personnellement dans le récit. Il est beaucoup plus facile de varier les intonations de notre voix lorsque l’on raconte quelque chose qui nous concerne que lorsqu’on se limite à transmettre des informations de manières froides, car elles nous concernent peu personnellement. C’est la même chose si vous faites un discours persuasif. Si vous êtes vous-même convaincu de ce que vous énoncez, alors votre conviction se sentira dans votre voix.

Ensuite, s’assurer que l’on emploie les bonnes variations au bon moment. Par exemple, on ne chuchote pas lorsque vient le temps de révéler le point culminant de notre histoire ou encore lorsque vient le temps d’énoncer l’élément clé de notre argumentation. Au contraire, on élève la voix et on parle avec conviction. On prend le temps de faire des pauses pour laisser notre auditoire en suspens et augmenter notre effet. Si notre intention est d’émouvoir les gens, alors on baisse le ton et on ralentit le débit dans les passages les plus importants. On s’assure également d’avoir une gestuelle appropriée. Un orateur peut bien nous raconter la plus amusante des anecdotes, s’il nous parle en demeurant immobile et stoïque, son histoire n’aura que très peu d’effet. Par contre, si sa gestuelle est appropriée, il est capable de nous amener avec lui dans son périple.

Objectif 2 : Ménagez des pauses pour renforcer votre message

Dans un discours, les pauses peuvent avoir plusieurs fonctions :

  • Nous permettre de retrouver le fil de notre discours en cas de trou de mémoire.
  • Laisser le temps à l’auditoire de reprendre son souffle.
  • Laisser notre auditoire en suspens et lui donner le goût d’entendre le reste.
  • Donner le temps à vos auditeurs de rire de la blague que vous venez de raconter ou encore de la comprendre, si votre sens de l’humour est vraiment particulier.
  • Permettre à une affirmation-choc que vous venez d’énoncer d’atteindre son but.

Développer ses habiletés vocales, c’est également apprendre à faire des pauses aux moments appropriés ou autrement dit, c’est apprendre à se taire brièvement quand il le faut.

Objectif 3 : Faire varier votre voix avec naturel.

Comment varier la voix sans forcer la note? Comment mettre de l’expression dans son discours sans sonner comme une mauvaise traduction de soaps américains? Il n’y a rien de pire qu’un orateur qui n’est pas naturel. Lorsqu’on a l’impression que ses expressions sont exagérées, que son texte est déclamé plutôt que transmis, il est facile de décrocher. Il est important de connaître ses limites en tant qu’orateur et de savoir jusqu’où on peut aller tout en restant naturel. De même, il importe de bien connaître son type de personnalité. Demander à un introverti de s’exprimer avec l’aisance et le ton d’une personne extravertie risque de lui mettre sur les épaules une pression supplémentaire dont il n’a pas besoin. Par contre, on peut l’encourager à se dépasser lui-même en essayant de varier davantage la voix d’un discours à l’autre.

Bref, que vous soyez introvertis ou extravertis, sachez qu’il n’est pas nécessaire d’avoir la voix d’Henry Bergeron ou de Myra Cree pour devenir un bon orateur. Tout ce qu’il vous faut c’est de rester vous-mêmes, de parler à votre auditoire avec autant de naturel que si vous étiez en conversation avec un groupe d’amis et de savoir faire les pauses aux bons moments pour augmenter l’impact de votre discours. Et qui sait, un jour peut-être ce sera vous qui chatouillerez les tympans des auditeurs de Radio-Canada et leur ferez passer de beaux dimanches.

Robin Plourde, ACB
Club Olympia



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