CAPSULE 17 : La recherche documentaire

Un ensemble de conseils et d'astuces

CAPSULE 17 : La recherche documentaire

J’ai remarqué au cours de mes années passées chez Toastmasters que certains orateurs sont particulièrement généreux envers leur auditoire. Ils tentent de lui transmettre en 7 minutes le contenu d’un discours qui en dure une quinzaine. Évidemment, cela les oblige à parler avec un débit très rapide, ce qui fait en sorte qu’à la fin de leur performance, l’auditoire est aussi essoufflé qu’eux. On peut être ému devant tant de générosité, mais en même temps, on peut aussi s’interroger : l’orateur n’aurait-il pas eu intérêt à choisir ses informations parmi les plus pertinentes? Le projet numéro 7 devrait permettre aux orateurs généreux de mieux choisir et organiser l’information qu’ils veulent transmettre à travers leur discours. En même temps, il devrait aussi permettre à ceux qui manquent d’idées et arrivent à peine à se rendre jusqu’au temps minimum requis d’élargir leur champ de recherches afin de trouver des idées nouvelles. C’est un projet facile à réaliser puisqu’il comprend seulement deux objectifs à atteindre. Peu importe le sujet qui sera abordé, l’évaluateur devra être attentif à la variété des sources d’information de l’orateur et à sa capacité de valider les informations transmises grâce à des sources d’information réelles.

Objectif 1 : Pour traiter du sujet de votre choix, rassemblez des informations en provenance de diverses sources.

Cette merveilleuse société de communication qui est la nôtre et qui fit dire à Yvon Deschamps que « depuis qu’on communique, on ne se parle plus » regorge de sources d’informations aussi variées les unes que les autres :

  • Votre bibliothèque personnelle, votre bibliothèque municipale et, pourquoi pas, la grande bibliothèque nationale, si vous réussissez à vous y rendre sans qu’une tuile de verre ne vous tombe sur la tête.
  • Internet.
  • Journaux et revues scientifiques
  • Documents audiovisuels.
  • Votre expérience personnelle

Je n’irai pas jusqu’à pousser l’audace de vous expliquer comment effectuer une recherche à la bibliothèque. Par contre, je peux vous suggérer certains sites Internet qui vous permettront de diversifier vos sources d’information :

  • Agence Science-Presse http://www.sciencepresse.qc.ca Revue de presse sur différents sujets et bibliothèque de ressources sur Internet
  • La Bibliothèque Paul-Émile Boulet http://bibliotheque.uqac.ca/. Dans la section « Les classiques des sciences sociales », vous retrouverez une quantité impressionnante de documents disponibles gratuitement sur divers sujets.
  • L’encyclopédie de l’Agora http://agora.qc.ca/encyclopedie.nsf. Une encyclopédie en ligne qui propose des articles sur une foule de sujets.
  • Collections mémoires et thèses http://www.theses.ulaval.ca/index.html. Pour ceux et celles qui veulent vraiment approfondir un sujet.
  • Érudit http://www.erudit.org/revue/. Portail qui regroupe les principales revues savantes des universités québécoises. Les numéros des deux dernières années sont disponibles sur abonnement, mais tous les autres sont disponibles gratuitement et en version intégrale. Des heures de plaisir.
  • Google http://www.google.ca/. Un site qui n’a pas besoin de présentation.
  • Revues, le portail de revues en sciences humaines et sociales. http://www.erudit.org/revue/. L’équivalent européen d’Érudit avec beaucoup plus de revues et pas mal plus de budgets. Un must en matière de recherche documentaire. Allez y faire un tour, vous n’en reviendrez pas!
  • Statistiques Canada http://www.statcan.ca/start_f.html. Les statistiques sont considérées comme une source d’information très valable. En allant sur ce site, vous en trouverez sur à peu près tout.

Si vous êtes du genre à manquer de sujets de discours, alors une petite visite sur ces sites devrait vous inspirer.

Une dernière information pour conclure ce point : même si vous avez l’impression que cela alourdit votre discours, il est capital de toujours citer vos sources d’information. Bien sûr, il n’est pas nécessaire d’être aussi précis que lors d’un travail écrit, mais tout de même, il est important que votre auditoire sache où vous avez pris votre information. Cela lui permettra d’une part de mesurer tout le travail de recherche que vous avez fait, ensuite d’aller consulter la source d’information en question pour en savoir plus. Si vous citez un article de revue ou un livre précis, ayez-le en main et montrez-le aux gens pour qu’ils voient que l’information que vous leur transmettez n’est pas le fruit de votre imagination débordante.

Objectif 2 : Étayez solidement les points et les opinions que vous souhaitez développer sur des faits précis, des exemples et des illustrations issues de vos recherches.

Pour vous guider dans la réalisation de cet objectif, je me contenterai certains petits détails à respecter.

Il est important d’abord de varier vos sources. Un bon discours comprend plusieurs types d’information : données, statistiques, anecdotes, définitions, etc. Si on se limite à énoncer des statistiques, alors on risque d’endormir notre auditoire. À l’opposé, si notre récit ne comprend que des anecdotes, nous risquons de passer pour des orateurs qui négligent l’aspect recherche de la préparation et qui ne savent pas comment trouver des informations.

Il est important ensuite de présenter vos affirmations de la moins pertinente à la plus pertinente. Il s’agit d’une manière simple de maintenir l’intérêt de votre auditoire jusqu’au bout. Est-ce qu’une anecdote personnelle est plus pertinente qu’un rapport rédigé par un spécialiste? Cela dépend du type de discours que vous souhaitez faire. Pour un discours informatif, il est important que l’on perçoive dans votre discours des traces de votre réflexion et de recherche, que l’on devine par quels chemins vous êtes passé pour en arriver à votre conclusion. Habituellement, lorsqu’on effectue une recherche, la dernière information trouvée est toujours celle qui nous semble la plus pertinente; celle que l’on cherchait depuis le début et qu’on aurait bien aimé trouver tout de suite. Ce n’est pas que les autres informations trouvées ne sont pas pertinentes, c’est juste qu’elles ne cherchent pas à appuyer exactement ce que nous voulons transmettre. Dans notre discours, les premières informations transmises reflètent souvent ce que nous avons appris en effectuant notre recherche, mais la dernière, celle qui vient clore notre présentation, correspond à ce que nous pensons vraiment à propos du sujet traité. En gardant cette information pour la fin, nous sommes plus en mesure d’amener notre auditoire à partager notre vision du sujet.

L’expérience personnelle de l’orateur sera quant à elle très pertinente dans un discours persuasif. On commence par énoncer les faits; on sort l’opinion des spécialistes, les statistiques et les graphiques et à la fin, pour clore le bec à notre auditoire, on valide tous ces faits par un exemple tiré de notre expérience personnelle. L’auditoire est alors en mesure de saisir que nous ne faisons pas qu’énoncer une théorie qui n’a rien à voir avec la réalité, mais qu’au contraire ce que nous disons avoir des répercussions réelles dans leur propre vie, car il en a eu sur la nôtre. Votre expérience devient le point culminant de votre discours.

Si vous êtes du genre à avoir trop d’information à transmettre dans vos discours, posez-vous la question suivante : qu’est-ce qui, dans mon discours, est vraiment pertinent? Cela vous permettra de faire le tri. Si au contraire vous peinez à trouver des arguments ou de l’information pour un discours, essayez de porter sur votre sujet ou votre problématique un regard plus large. Peut-être avez-vous un esprit de synthèse trop développé. N’oubliez pas surtout qu’aucune affirmation ne doit être énoncée sans que vous soyez en mesure de la valider et de la prouver. De quelle manière? À vous de choisir. Rappelez-vous que le sens de la vie ne réside pas dans le fait de trouver, mais dans la nécessité de chercher sans cesse.

Robin Plourde, ACB
Club Olympia



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