CAPSULE 6 : Comment faire une bonne introduction (3) L’introduction dramatique

Un ensemble de conseils et d'astuces

CAPSULE 6 : Comment faire une bonne introduction (3) L’introduction dramatique

Précisions méthodologiques

Avant de poursuivre, il est bon de mentionner à votre intention que le contenu de cette série de capsules sur les différentes manières d’introduire un discours est légèrement inspiré d’un livre fort intéressant sur l’art oratoire : The lost art of the great speech. L’auteur identifie les types d’introductions possibles, mais se fait avare de commentaires sur les types de discours dans lesquels elles peuvent servir. Ses interventions se limitent souvent à rappeler qui était le destinataire des discours qu’il cite dans son ouvrage et les circonstances dans lesquelles ils furent prononcés. Donc, il m’a fallu m’en remettre à la bonne vieille logique pour associer chaque type d’introduction à un type de discours particulier. De plus, comme je ne tiens pas à être accusé de plagiat, je me suis amusé à inventer des exemples autres que ceux du livre pour illustrer chaque type d’introduction.

Je tiens à rappeler également qu’une bonne introduction contient trois parties : sujet amené, sujet posé, sujet divisé. Dans les exemples fournis, je me contente d’illustrer les deux premières parties. Diviser en deux ou trois points ce dont nous allons parler est relativement facile. Ce qui peut poser un défi, c’est de trouver une manière originale d’amener cette division de notre sujet, d’où l’idée de vous fournir des exemples dans cette série de capsules. Maintenant que cela est dit, continuons notre démarche avec l’introduction dramatique.

L’introduction dramatique

Ce type d’introduction sert très bien lorsqu’on veut créer un impact fort et susciter une émotion vive chez notre auditoire. Ce peut-être la tristesse bien sûr, mais ce peut-être aussi l’indignation ou la colère. L’important est de faire réagir l’auditoire et de le prendre par les sentiments. Pour ce faire, il n’est pas défendu à ce moment d’exagérer non seulement le contenu, mais aussi la manière de le rendre. Le ton de la voix est évidemment très important. On peut aussi faire des pauses, pour accentuer l’effet dramatique. On sous-estime malheureusement trop souvent la valeur du silence dans un discours. Un bon temps de silence placé au bon endroit peut créer autant d’impact que la plus percutante des affirmations.

Réussir une introduction dramatique demande beaucoup d’habiletés sur le plan oratoire. Il faut savoir jouer avec les sentiments de l’auditoire tout en restant authentique. La frontière entre une interprétation juste et une interprétation caricaturale est souvent mince et rapidement franchie. Vouloir trop en faire peut créer un effet opposé à l’effet souhaité.

On peut se servir de l’introduction dramatique dans un discours informatif. Si on veut renseigner les gens sur le sort de la planète ou encore sur la situation au Darfour par exemple, il peut être très pertinent de amorcer son discours en rappelant à l’auditoire à quel point la situation est alarmante. On peut s’en servir également dans un discours persuasif ou encore dans un discours d’inspiration. Parler d’un personnage qui nous inspire en commençant par faire ressortir un événement important ou tragique de sa vie ou encore un grand obstacle qu’il a surmonté nous permet de communiquer à l’auditoire ce qui nous inspire chez ce personnage. Ainsi, notre auditoire risque d’être également inspiré par le personnage que nous lui présentons.

Finalement, sachez qu’on peut même se servir de l’introduction dramatique dans un discours humoristique. Introduction dramatique n’est pas nécessairement synonyme de tragédie grecque. On peut très bien faire rire les gens en racontant une mésaventure qui nous est arrivée. La situation n’était pas drôle lorsque nous l’avons vécu, mais avec le recul, nous sommes capables d’en rire. Ça permet de montrer que nous pouvons apprendre de nos erreurs, que nous sommes capables de rire de nous-mêmes et que nous pouvons maintenant faire profiter les autres de notre expérience.

Voici deux exemples pour illustrer ce que nous venons de dire. À vous de juger de leur pertinence. Peux être qu’à défaut de vous dire quoi faire, ils vous diront ce qu’il faut éviter.

Exemple 1 : Introduction pour un discours informatif

Les données sont formelles et la situation est alarmante. Dans un avenir rapproché, une personne sur deux risque de souffrir de cancer dans sa vie. (Silence) Une personne sur deux. M. l’animateur, chers collègues Toastmasters et distingués invités. #ous sommes présentement 14 dans cette salle (silence). Et puisque l’on sait aussi que le cancer affecte les proches des personnes malades, aussi bien dire que nous serons tous concernés de près ou de loin par la maladie. Que pouvons-nous faire? En sachant que la prévention passe par l’information, j’aimerais vous partager trois moyens efficaces de prévenir le cancer et qui sait, peut-être, de faire un jour mentir les statistiques…

Exemple 2 : Introduction dramatique à un discours humoristique

M. l’animateur, chers collègues et distingués invités, j’aimerais vous révéler aujourd’hui un pan triste et sombre de mon histoire personnelle. C’est avec un peu d’hésitation et beaucoup d’émotion que je m’ouvre ainsi à vous, en sachant bien que mes propos risquent d’en surprendre plus d’un. (Silence) Je sais que c’est difficile à croire, mais je n’ai pas toujours eu ce corps de rêve. (Silence) Bonsoir, mon nom est Herménégilde Patenaude et je suis « sucroolique ». J’ai intégré il y a trois ans le mouvement des S.A., les Sucriers Anonymes. Je souhaiterais par mon récit de vie vous raconter ma descente aux enfers et vous dire comment j’ai fini par m’en sortir.

Bon, assez de drames humains pour cette fois-ci. On continuera la prochaine fois avec l’introduction humoristique.

Robin Plourde, ACB
Club Olympia



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