CAPSULE 8 : Comment faire une bonne introduction? (5) L’introduction interrogative

Un ensemble de conseils et d'astuces

CAPSULE 8 : Comment faire une bonne introduction? (5) L’introduction interrogative

Qui suis-je? Où vais-je? Quel est le sens de l’existence? Qui seront les prochains gagnants d’Occupation double? Chaque être humain porte son lot de questions existentielles. Vivre n’est-il pas chercher sans cesse une réponse aux questions qui nous hantent? Qu’importe la réponse, au fond, l’essentiel est de se poser la question. Se questionner est un signe d’intelligence, et commencer un discours par une question est un signe de respect de l’intelligence de notre auditoire. C’est pourquoi il importe de maîtriser l’art de l’introduction interrogative et d’apprendre à s’en servir à bon escient.

Quand doit-on se servir d’une introduction interrogative?

L’introduction interrogative s’impose d’elle-même lorsque nous voulons faire de nos propres préoccupations existentielles les préoccupations existentielles de notre auditoire. Elle sert à susciter une prise de conscience ou un changement de comportement chez les gens qui nous écoutent. En formulant notre sujet sous forme de question ou encore en posant à notre auditoire une question qui découle de notre sujet, nous nous assurons d’attirer son attention dès le départ et nous permettons aux gens d’amorcer leur propre travail de réflexion. La question posée est purement rhétorique, elle ne nécessite même pas une réponse immédiate. Elle s’adresse à tout le monde et à personne à la fois, mais en même temps elle doit être assez concrète pour que chacun, en se référant à son expérience de vie ou à son bagage de connaissances, puisse déjà être en mesure de fournir quelques éléments de réponse et ait l’envie d’entendre le discours pour en apprendre davantage. Pour qu’une introduction interrogative atteigne vraiment son but, il ne faut pas hésiter à faire des Paul Arcand de nous-mêmes et à poser « la vraie question », celle qui fera dire à chaque personne présente : « Mais comment se fait-il que je n’y aie pas pensé avant? »

Nous sommes tous sensibilisés aux grandes causes et aux grands enjeux de société. Il est rare dans un discours que nous réussissions à traiter d’un sujet dont personne n’a jamais entendu parler. Si vous êtes l’ardant défenseur d’une cause qui n’intéresse que vous, profitez de l’occasion pour sensibiliser votre auditoire et recueillir des appuis. Mais sinon, à moins qu’il ne sorte d’une période d’hibernation prolongée, notre auditoire en sait parfois autant que nous sinon plus sur le sujet que nous voulons traiter. En tant qu’orateur, il n’y a rien de plus difficile que d’interpeller un auditoire qui est déjà rallié à la cause. Si, par malheur nous ne sommes pas en mesure d’apporter suffisamment d’informations nouvelles pour modifier l’opinion de notre auditoire, nous devons alors l’interpeller sur ses habitudes et ses comportements pour faire en sorte qu’il se sente appelé à changer sa manière d’agir et de voir les choses. L’introduction interrogative rend cette interpellation possible. Elle nous permet de jouer avec les sentiments de l’auditoire, ce qui souvent est plus efficace qu’un exposé magistral ettechnique.

Deux exemples

Introduction à un discours persuasif :

À chaque année au Canada, 35 % de tous les décès survenus chez les hommes ont été causés par une maladie cardiaque, une maladie des vaisseaux sanguins ou un accident vasculaire cérébral. Chez les femmes, les pertes ont été encore plus élevées puisqu’elles s’élèvent à 38 %! Souhaitez-vous vraiment faire partie des statistiques? (ous avons une idée de ce qu’il faut faire pour diminuer les risques de maladie cardio-vasculaire. Permettez-moi d’attirer votre attention sur des petits changements que nous pouvons tous apporter dans nos habitudes de vie et qui, à long terme, peuvent avoir un impact important sur notre santé et notre mieux-être en général.

Introduction à un discours informatif :

Dans les années 1940, le géophysicien Marion King Hubert s’est intéressé à la production du pétrole. Puisque cette ressource est limitée, il en est arrivé à la conclusion que la production de pétrole atteindrait un sommet avant de décliner. Selon ses calculs, le sommet de la production pétrolière, aussi appelé « pic de Hubert » devrait être atteint d’ici 2010. Hubert prévoit aussi que toutes les réserves de pétrole devraient être épuisées 40 ou 50 ans plus tard. Personnellement, êtes-vous prêts à envisager une vie sans pétrole? Dans le présent, discours, il sera question des sources d’énergies alternatives que nous pouvons déjà utiliser pour nous permettre de retarder l’inévitable et améliorer le sort de la planète.

À vous maintenant de nous proposer des discours où vous nous partagerez vos propres quêtesde sens existentiels et de nous rallier à des causes qui vous tiennent à coeur.

Robin Plourde, ACB
Club Olympia



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